Allocution du Maire, Patrick Douet, lors de la soirée des engagements du 11 décembre 2008
Mesdames, Messieurs,
Chers amis, chers Bonneuillois,
Tous d’abord merci d’être venus aussi nombreuses et nombreux. Merci aussi à tous les intervenantes et intervenants qui m’ont précédé.
Ici, chacun le sait bien, avec la plupart d’entre vous, j’ai une relation personnelle. Et c’est cela Bonneuil : une ville où les gens se connaissent, et se parlent.
Comme tu le dis si bien Jean-Paul : nous sommes un village, une petite ville monde qui veut devenir une ville moderne, tout en restant populaire et conviviale. Oui Jean-Paul, Ludivine, Heyckel et les autres, nous avons tous besoin de renforcer et de créer de nouveaux liens, de nouvelles passerelles entre les quartiers.
Bonneuil, en toute modestie bien sûr, c’est une ville particulière, c’est une ville originale. Bonneuil est une ville égalitaire, conviviale et populaire. C’est aussi et surtout une ville où chacun compte pour un, compte pour une.
Aujourd’hui, c’est un territoire où se mêle une population mixte de par ses origines et ses conditions sociales, c’est un territoire accueillant pour celles et ceux qui reçoivent peu de la société.
Et ça marche ! Je le dis souvent : tout ce qui est décidé en dehors des gens, en dehors de vous, est de toute façon voué à l’échec. Telle est ma conviction, telle est ma passion, celle de l’équipe municipale que je conduis, pour vous, pour nous, pour tous. Notre conviction commune, à tous, élus et habitants, est qu’il faut sans cesse faire appel à notre intelligence collective.
Nous vivons dans une société, une nation où l’on nous abreuve d’experts, de gens qui pensent à notre place, savent tout. Et bien la municipalité que je conduis veut agir en sens contraire des idées dominantes. Nous pensons que chacun d’entre vous a de l’intelligence, de l’expérience, un savoir-faire original à partager. Bref ! L’expertise du quotidien.
C’est en somme ce que j’appelle le partage du pouvoir, voire sa restitution. Pour faire avancer tout cela, pour poursuivre le chemin, ce qui comptera c’est votre présence, c’est votre avis, car c’est comme cela que l’on prend les bonnes décisions.
Croyez-vous que si l’on avait demandé leur avis aux gens qui allaient y habiter, on aurait construit les « 4 000 » à La Courneuve ? Coupé des villes par de grandes rocades infranchissables ? Non, certainement pas ! Et bien, quant à moi, je préfère travailler avec vous !
Alors, avant de vous parler du Bonneuil de demain, permettez-moi de revenir au début de notre histoire commune.
En 2004, quand le Conseil municipal et les Bonneuillois m’ont fait l’immense honneur de me demander d’être leur maire, j’ai fait à mon tour un rêve.
Il y a quatre ans, je vous avais dit : on fera tout pour améliorer les transports en commun.
A cette époque, vous avez porté - avec le Président du Conseil général, mon ami Christian Favier, et Danielle Maréchal, notre Conseillère générale - l’exigence forte de la création d’un bus en site propre, traversant notre ville, pour permettre de se déplacer de banlieue à banlieue. Vous vous êtes mobilisés à nos côtés et… aujourd’hui le TCSP se réalise.
Et si cela est en cours, c’est parce que vous l’avez exigé, porté avec nous dans les pétitions, les urnes, jusqu’au sommet de l’Etat et ensemble nous avons gagné.
Cela nous encourage à poursuivre pour toutes les exigences que vous avez exprimées au cours de ces 2es Assises.
Il y a quatre ans aux Assises, on s’était dit : il y a trop de camions qui polluent et font du bruit, et puis c’est dangereux. Depuis, nous portons l’exigence de prolonger la nationale 406 jusqu’au Port de Bonneuil.
C’est chose faite depuis lundi !
Le Préfet vient de m’annoncer que l’Etat venait d’inscrire ce prolongement vers le Port en priorité numéro une du plan de modernisation des itinéraires nationaux. Que les études complémentaires pour la réalisation de ce prolongement de la RN 406 allaient être lancées en début d’année 2009, pour une réalisation en 2012.
Voilà ce que vous et nous avons gagné.
En 2004, les habitants du quartier Fleming nous ont dit, avec force et dignité, qu’ils en avaient assez d’être délaissés au bout du bout de la ville. Depuis, ensemble nous avons réfléchi, échangé, débattu avec passion et émotion.
Et puis, tout comme les habitants de Fabien, ils ont décidé lors d’un référendum d’approuver massivement les projets de reconstruction, de démolition et de réhabilitation. Et dans une semaine, très exactement le 18 décembre, j’irai présenter ce projet finalisé à Paris, à l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine. Il s’agit de la construction de 1 200 logements neufs, à quittance égale pour les ex-résidents des immeubles démolis.
Et je veux vous dire que je suis fier, et que nous sommes fiers, que des familles aient bientôt du beau, du neuf et puissent bénéficier de l’accession sociale à la propriété et, surtout, que toutes et tous restent à Bonneuil, si c’est leur souhait.
Car, disons-nous le franchement, il y a de l’angoisse, de l’inquiétude, je le sais. Aussi, je renouvelle ce soir solennellement mon engagement: « Oui, notre ville se renouvelle et, oui, personne ne quittera Bonneuil s’il n’en a pas décidé ainsi. »
Vous le voyez, on parle transport, logement, cadre de vie, on élabore et on décide ensemble et on va se donner rendez-vous une fois par an pour faire le point, contribuer toujours à l’avancée de nos projets.
Les élus vous ont présenté les engagements, trois axes cohérents et clairs se dégagent. Bonneuil se veut :
- une ville pour la réussite de tous ;
- une ville dynamique, populaire, à taille humaine ;
- une ville solidaire, agréable, à vivre ensemble.
Bonneuil n’est pas en dehors du monde. La crise financière frappe chacun d’entre nous. L’angoisse du chômage est là. Pareillement pour le logement. Et c’est aussi l’avenir de la jeunesse qui domine nos pensées, cela nous préoccupe toutes et tous.
Alors, que dois-je faire ? Regarder ? Attendre ? Non, non, non ! Notre Ville se doit d’agir, d’évoluer, de bouger, d’adapter son service public local.
Et, n’ayons pas d’hésitation, oui à Bonneuil on a le droit de réussir, de recréer ce que l’on appelait autrefois « l’ascenseur social » ; ne limitons pas nos ambitions !
Nous avons déjà le Projet Educatif Local, le Conservatoire de musique, la Médiathèque, la Ludothèque, le Théâtre Cinéma Gérard-Philipe, le Contrat Municipal Etudiant, la Bourse au Permis de Conduire, l’aide à la préparation au concours de la fonction publique, le Forum de l’emploi.
Et bien maintenant, il nous faut aller plus loin, c’est notre engagement !
Lors des réunions de cet automne, vous, les seniors, vous l’avez souvent exprimé avec force : vous êtes prêts à aider les jeunes à découvrir des métiers, à accéder aux savoirs, à la culture. Et bien allons, inventons, créons des dispositifs qui ont cet objectif !
De la même manière, pour l’emploi, je souhaite que toutes les entreprises se mobilisent. Et je porterai sans me lasser, à vos côtés, cette exigence : que les entreprises s’engagent à développer l’accès à l’emploi, à la formation, à la découverte des métiers !
Et je leur proposerai, de plus, de signer une charte pour privilégier, à chaque fois que possible, l’embauche de Bonneuillois. De la même façon, j’entends introduire une clause d’insertion dans l’emploi pour chaque marché public soumis à appel d’offre.
Autre grande question : le logement. Comment faire pour que chacun y ait accès ? Une des solutions fortes, vous l’avez formulée dans les Assises : il faut que le service public local accompagne mieux chacun d’entre vous, de l’inscription jusqu’à un logement adapté.
Et que l’on explique mieux les règles d’attribution. Que vous ayez droit à un suivi individualisé et que l’on mette plus de moyens pour vous accueillir. Et aussi, jusqu’aux mobilisations collectives, pour qu’enfin la loi SRU soit appliquée dans toutes les villes !
Oui, nous le ferons avec acharnement, pugnacité, avec esprit de suite, nous ne lâcherons rien parce que cette angoisse, elle est insoutenable.
Dans le même temps, et je le dis devant vous à Monsieur le Préfet, le logement c’est une responsabilité nationale. C’est une question vitale pour notre démocratie, pour notre République, que le gouvernement impose la construction de logements partout sur le territoire.
Et là, je pense à nos voisins de Saint-Maur. Il ne suffit pas d’écraser une larme en déplorant les morts du bois de Vincennes : il faut imposer la construction de logements sociaux partout, un point c’est tout !
Ici, nous voulons être tous ensemble avec cette diversité d’âges, d’origines, de conditions sociales. Cette diversité, c’est pour nous une richesse.
Dans une société française divisée, angoissante et dure à vivre pour la grande majorité de nos concitoyens, les Bonneuillois aspirent à se retrouver. Notre rêve partagé, c’est d’être tous ensembles, jeunes, retraités, salariés, privés d’emplois, à l’image du 14 juillet ou de la fête de Bonneuil.
Tout le monde ici veut amplifier cela.
Une des premières choses à réaliser, c’est sans doute les retrouvailles de la ville et des bords de la Marne, afin que Bonneuil redevienne vraiment sur Marne. Notre Marne et son port, il faut mieux les utiliser, les mettre en valeur. Comme on s’y est engagé, on y fera du sport, du vélo, des piques-niques...
Et, pourquoi pas, construire l’Auberge de la Marine. Cette maison pourra accueillir les mariniers et les routiers du Port. Elle sera un lieu de culture et de découverte des activités portuaires.
Pour être mieux encore tous ensemble, il nous faut fêter encore plus d’événements. 2004 a été l’année de la relance du Bal du 14 juillet. 2008, avec les 2es Assises signent l’acte de naissance du Carnaval de Bonneuil.
Et maintenant nous avons beaucoup de travail devant nous. Nous allons travailler ensemble, sérieusement.
Je vous remercie de votre attention.
Date de publication : 27/09/2010 - Imprimer Haut de page
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