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En 1789, Bonneuil compte environ 200 habitants. Leur vie s’organise toujours autour des deux seigneuries, celle dite de Bonneuil et le fief vassal du Rancy (voir Les deux châteaux), auxquelles sont rattachés des domaines mineurs à vocation agricole. La disette consécutive à l’hiver rigoureux de 1788-89 se traduit comme partout par une baisse des impôts et conduit le seigneur de Bonneuil, Chabenat, à distribuer bois et nourriture.

Cahier de doléances de
la paroisse de Bonneuil
(format PDF, 41ko)
Les habitants du village rédigent un cahier de doléances de trente articles pour les Etats Généraux de mai 89, remarquable par la modernité des revendications exprimées : justice fiscale, limitation de la peine de mort, gratuité du culte et des soins, liberté de la presse… (Le document intégral est disponible ci-contre). Les citoyens de Bonneuil apportent leur contribution à la cause patriote lors des collectes, et l’un d’eux s’engage même dans les volontaires de « l’Armée de la République ».
Les institutions - Dès 1787, une réforme avait introduit des municipalités élues dirigées par un « syndic ». La commune de Bonneuil est instituée en 1790, sous la Constituante, en remplacement de la paroisse. Son premier maire est l’ancien syndic Charles Beauvais, un cultivateur de 41 ans, qui est remplacé début 1792 par Louis Eustache Boncorps, cabaretier et vigneron. Sous le Directoire (1795), les petites communes sont à nouveau supprimées et celle de Bonneuil rattachée à Charenton.
Le culte - En janvier 1791, André Bruhier, curé de Bonneuil depuis 1786, accepte de prêter serment à la nouvelle Constitution civile du Clergé puis se démet de ses fonctions. Son vicaire Bonnemain refuse et entre dans le camp des réfractaires. L’église Saint-Martin est fermée et, comme beaucoup, « mise à disposition de la nation » pour être convertie en « Temple de la Raison et de l’Etre suprême ». Elle sera rétablie vers 1794 et André Bruhier reprendra ses fonctions.
Les nobles - Les deux seigneurs de Bonneuil connaissent des destins très différents. Le marquis Pierre de la Motte Barace de Senonnes, propriétaire du fief du Rancy, est considéré comme un contre-révolutionnaire et guillotiné en 1794 avec son épouse. On les accuse en particulier de cacher des armes et de contribuer à l’exfiltration de nobles.
André Charles Louis Chabenat, seigneur de Bonneuil et président de chambre au Parlement de Paris, est interpellé en mars 1794 par le Comité de Sûreté Générale et emprisonné. Mais les Bonneuillois interviennent en sa faveur : des lettres et pétitions sont envoyées, et une délégation se rend à Paris pour témoigner de l’engagement patriote de l’ancien noble, qui aurait spontanément détruit ses armoiries, distribué des terres et donné son argenterie. Sa libération est obtenue en octobre de la même année.
Les deux domaines issus de l'ancien régime survivront durant une partie du 19e siècle sous forme de grandes exploitations agricoles.
C.Seguin
Date de publication : 09/02/2012 - Imprimer Haut de page
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