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Le Moulin-Bateau, en service jusqu'en 1867
Au début du 19e siècle, Bonneuil est encore un village agricole d’environ 200 âmes où 12 hectares de vignes (il n’en restera qu’un en 1900) côtoient des champs de blé, de seigle, d’avoine, de pomme de terre ou de betterave à sucre. La production des huit exploitations agricoles se concentre surtout dans les deux grands domaines issus de l’ancien régime (celui du Rancy dépasse 100 hectares). On y trouve également de l’élevage, en particulier ovin, dans la bergerie encore visible devant l’église.
Les deux châteaux et leurs parcs attirent la bourgeoisie de l’Empire. A partir de 1811, le célèbre général Marbot vit entre ses campagnes chez sa belle-famille, au château du Rancy. Il est élu au conseil municipal de 1840 à 1846, et meurt en 1848. Sa veuve se fait connaître en aidant matériellement l’enseignement catholique, ce qui provoque un vif débat jusqu’en 1904, lors de l’interdiction de l’enseignement religieux.
Vendu en 1801 par la famille Chabenat, le château de Bonneuil change de propriétaire à plusieurs reprises. Henri Beyle, plus connu sous le nom de plume de Stendhal, y vient régulièrement au début des années 1820, alors qu'il fréquente Clémentine Beugnot, la fille des propriétaires. Il aurait en particulier travaillé au manuscrit de « De l’amour » (publié en 1822) dans le parc attenant. Le château est détruit, en 1832

Carte dressée en 1896 pour l'Etat
des communes à la fin du XIXe siècle
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Les guerres napoléoniennes voient passer dans le village paisible des troupes qui imposent diverses réquisitions à la population et aux fermes. Ce sont tout d’abord, début 1814, les soldats de la Grande Armée, puis à partir d’avril 1814 les troupes « alliées » russes ou allemandes. En 1815, après les Cent jours et le retour de Napoléon, les Cosaques qui stationnent à Boissy-Saint-Léger et les 140 soldats russes qui s’installent à Bonneuil en juillet infligent aux habitants de nouvelles privations.
Bonneuil est également occupée en 1870, lors du siège de Paris par les Prussiens. Ils entrent dans la commune le 12 septembre, dix jours après la capture de Napoléon III à Sedan. La majorité de la population se réfugie à Paris et la mairie, dirigée par Alfred Gillet, est transférée rue de Charenton. La ville désertée est sur la ligne de front. Les troupes prussiennes sont au Moulin, au Mont-Mesly et à Pompadour. Une bataille importante, dite du Mont-Mesly, se déroule le 30 novembre 1870. Après des tirs d’artillerie visant les positions prussiennes, le général français Ducrot déclenche une offensive de grande envergure. Les Prussiens surgissent du parc du Rancy. Ils repoussent les Français jusqu’à Créteil, tuant ou invalidant plus de mille d’entre eux. Les allemands occupent le village, saccagent les maisons, l’église, incendient partiellement le château du Rancy.

Le centre ancien et le Petit Bonneuil
Carte de 1896 - gros plan
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Entre ces épisodes douloureux, pourtant, le développement de Bonneuil se poursuit. La mairie, dont la construction a été décidée en 1854 mais suspendue à cause de la guerre en 1870, est inaugurée en juillet 1881. Un nouveau lavoir est réalisé en 1875 suite à des accidents survenus au bord du Morbras. Le bureau de poste d’installe en 1892 et le groupe scolaire (future école Langevin-Wallon) ouvre en 1904.
Le charme de Bonneuil, sa proximité de la capitale, rendent le village attractif pour les parisiens, surtout en été. On y voit de belles promenades, des pêcheurs, des activités nautiques et des guinguettes. C’est l’âge d’or du « Moulin-Bateau », en bordure de Marne, entre le futur port et le Bec du canard. Le bateau lui-même, un moulin flottant, a cessé son activité en 1867, mais des loisirs se sont développés non loin de la maison de la famille Gross, et de la bijouterie qu’elle ouvre en 1870.

Tramway dans la rue de l'Eglise
Les transports s’améliorent aussi. Les voitures à chevaux qui reliaient Paris et Brie-Comte-Robert au début du 19e siècle sont remplacées en 1855 par des berlines omnibus Paris – La Varenne et Paris – Boissy/Sucy. Le chemin de fer arrive en 1859 à La Varenne Saint-Hilaire et la station Sucy-Bonneuil ouvre au lendemain de la guerre, en 1875. Les travaux du pont Bonneuil – Saint-Maur débutent en 1892. Son inauguration par le préfet Poubelle a lieu en mai 1894, en présence du maire Auguste Gross. Deux lignes de tramway sont inaugurées en 1900 (Bonneuil – Pont de la Concorde) et 1901, qui seront électrifiées à partir de 1910.
En permettant l’implantation d’une population nouvelle (410 habitants en 1881, 674 en 1901, 1040 en 1921), cette meilleure desserte amorce la mutation démographique et sociale du 20e siècle, que le développement du bassin d’emplois du port, dans les années 20 et 30, va accélérer.
C.Seguin
Date de publication : 09/02/2012 - Imprimer Haut de page
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