Chanteur, écrivain et comédien, auteur et interprète du

groupe Zebda, Magyd Cherfi sera la tête d’affiche de la Fête

de Bonneuil, samedi 29 septembre, à 20h, au quartier Fabien.

Poétique, engagé, festif, un concert qui promet de vous faire

tomber la chemise !

Samedi 29 septembre, vous serez en concert à la Fête de Bonneuil-sur-Marne. Cette année, vous avez également chanté à Saint-Ouen, Fresnes, Ivry ouencore Florange… Des villes populaires et ouvrières. Est-ce que c’est un choix particulier de venir dans ces villes ?

Magyd Cherfi : C’est sûr, ce n’est jamais par hasard. Je préfère. Mes chansons parlent de ce qui les concernent. C’est aussi dans ces quartiers que j’ai grandi. On me voit comme un artiste citoyen, qui dépeint la société, les injustices, avec un point de vue à la fois poétique et engagé. J’y vais pour leur offrir une fenêtre particulière.

Un point de vue engagé ?

Magyd Cherfi : Engagé, oui je le suis. J’ai beaucoup écrit sur la jeunesse issue de l’immigration, sur les étrangers, sur les minorités culturelles, les quartiers populaires, sur les discriminations. Étant moi-même fils d’Algériens, mon engagement va dans ce sens-là. Quelle citoyenneté pour demain ? C’est quoi ce vivre ensemble dont on nous rabâche les oreilles mais qui n’existe pas ? C’est quoi cette République qui existe partout sauf en banlieue ? Pourquoi est-ce que, quand on s’appelle Mohammed, on est un suspect de la République ? Je pose toute ces questions.

Vous qualifiez vos textes de politiques, mais aussi de poétiques…

Magyd Cherfi : Poétique, c’est une façon de rendre belle une colère. Au lieu de dire « nique la police » ou « je t’emmerde », vous allez trouver une métaphore pour contester une injustice. Le dire joliment, ça permet que les textes soient plus agréables à l’oreille et qu’ils soient plus oxygénés. Si on ne s’exprime qu’au premier degré, c’est un étouffoir. La poésie permet d’être dans la nuance, dans la distance.

Auteur du livre Ma part de Gaulois, sélectionné au Prix Goncourt 2016, Commandeur des Arts et des lettres en 2017, vous avez un amour fort pour la langue et pour les mots ?

Magyd Cherfi : Oui, c’est vrai. J’ai cet itinéraire particulier d’être entré dans la magie des mots et la magie de la littérature, grâce auxquelles je me suis trouvé. Ces mots, ils m’ont construit, m’ont permis de me connaître, de connaître les autres. Ça a été longtemps pour moi une forme de thérapie. Surtout, dans les mots, j’ai trouvé un patrimoine, une famille. Les mots, pour moi, ça a été tout ça : aimer le peuple français, aimer les valeurs de la République…

À quoi peuvent s’a ttendre les Bonneuilloises et Bonneuillois lors de votre concert ?

Magyd Cherfi : À rire, beaucoup ! Et à des émotions pures, épurées. Je chante, je parle, je rentre beaucoup en contact avec le public. Il y a des moments très intimes, où chaque syllabe compte, et d’autres moments plus rythmés, plus dansants où se dandiner. C’est une espèce de one man show chantant, je dirais.