Surpoids, malnutrition, alimentation trop carnée décriée, plébiscite des régimes végétariens ou encore des produits bio… Le contenu de nos assiettes fait débat, tant l’enjeu est sanitaire et écologique. Lors des pauses méridiennes, la municipalité se mobilise pour sensibiliser les enfants, dès leur plus jeune âge, à bien manger.

Jeudi 17 janvier, 11h30, à l’office de l’école maternelle Danielle-Casanova. C’est l’heure du premier service pour une trentaine d’enfants, âgés de 2 à 3 ans. Ils sont tous bien calés dans leurs chaises, réunis avec les copains et copines en petites tablées, adorables avec leurs jolies serviettes de coton colorées, nouées autour du cou. Le mobilier, couleur pastel, est à leur taille. La table, dressée avec soin. Le service, fait à l’assiette. « On soigne la présentation comme au restaurant. Ils mangent plus facilement quand c’est attrayant, témoigne Carmen, directrice du centre de loisirs. Dès la rentrée scolaire, on les initie à bien s’installer à table, dans le calme, à parler doucement pour ne pas s’étouffer, à bien manier leurs couverts, à manger à leur rythme, à goûter à tout. C’est le B.A.-BA du bien manger. »

Pour leur faire découvrir de nouveaux produits, de nouvelles saveurs, ouvrir leurs champs culinaires, le service municipal de l’enfance et le Syndicat intercommunal de restauration municipale (Sirm) investissent la Semaine annuelle du goût en octobre, organisent une fois par trimestre et durant les congés scolaires des repas à thèmes - la mer, les fromages, les fruits et légumes d’autrefois - ou de cultures différentes. En lien avec le service municipal de la santé, des ateliers nutrition sont proposés et animés par un nutritionniste, en direction des animateurs ou des élèves. Un axe de prévention, voué à se développer cette année.

Autre visite, au self-service de l’école élémentaire Henri-Arlès, vendredi 18 janvier. Parmi les 163 convives, Yasmine, 8 ans. « Je mange à la cantine, depuis la maternelle. On y apprend de nouvelles saveurs. Le self nous facilite les choses. On a deux choix pour l’entrée et le dessert, et notre repas complet sur le plateau. On peut manger à notre rythme », se réjouit-elle. Au-delà de l’autonomie, le self-service permet de responsabiliser les enfants, comme nous l’avons constaté à Langevin-Wallon. Les enfants débarrassent leurs plateaux et déposent le pain non consommé dans un haut conteneur en plexiglas transparent, leur « gachimètre ». Un outil ludique, écologique qui leur rappelle qu’une alimentation de qualité va de pair avec la lutte contre le gaspillage alimentaire.

« Dans la lignée de ces initiatives pour une meilleure alimentation, et en réponse aux attentes des familles formulées lors des Assises de l’Enfance, je me suis adressé, à l’issue de ces rencontres citoyennes, en novembre dernier, au Président du Sirm afin que l’on étudie et mette en place le plus rapidement possible, un plat principal au choix, l’un à base de viande, l’autre alternativement à base de poisson, œuf, ou protéines végétales ; l’introduction régulière de repas 100% végétariens pour tous ; l’introduction régulière de repas 100% bio ; un partenariat avec la centrale d’achat initiée par le département pour favoriser l’agriculture locale et les circuits courts. »

Mr le maire Patrick Douet

Ce qu’ils et elles en disent : 

Jean-Paul QUESNEL, Directeur technique gestionnaire au Sirm à Bonneuil :

Depuis janvier, nos menus, élaborés par une nutritionniste, contiennent chaque jour un composant qui est soit issu de l’agriculture biologique, soit issu de la pêche durable, soit du label BBC. En moyenne, 10% d’aliments servis chaque mois sont bio. Une nouvelle loi - la loi Égalim - impose au 1er janvier 2022 que les repas soient préparés avec au moins 50% de produits issus de filières durables et de qualité, dont un minimum de 20% de produits issus de l’agriculture biologique ou d’exploitations en conversion. Le Sirm livre quelque 6 000 repas par jour. La filière Bio aura-t-elle les moyens et les infrastructures pour suivre ?

Nadia, Eliora, Angelina et Kansolé 9 et 10 ans École Langevin-Wallon

Le gachimètre pour le pain a été installé en 2017, pour nous apprendre à ne pas gaspiller. Des smileys de couleurs vert, orange ou rouge indiquent le niveau de gaspillage. Ce pain est ensuite donné à une association pour nourrir des animaux. On nous apprend à goûter à tout, à manger équilibré. C’est bon pour la santé. Un repas équilibré comporte de l’eau, des fruits, des légumes, des féculents, du calcium. On n’a pas besoin de sucres, mais un peu quand même. Avec le self, on devient autonomes. Nous sommes prêtes pour le collège !

Rayan Enifer 5 ans Maternelle Danielle-Casanova

Au restaurant scolaire, les animateurs nous apprennent à bien nous tenir à table, à nous servir de la fourchette et du couteau, à bien s’asseoir, à rester poli, à ne pas disperser notre nourriture. S’il y a un nouveau plat, l’animateur qui mange à ma table, me demande d’y goûter. Bon, si je n’aime pas, je peux le laisser. Une bonne alimentation ? C’est des légumes, et aussi des pizzas, des yaourts, des fruits ou des compotes de fruits. Je connais déjà beaucoup de fruits et légumes