Vendredi 22 février, Bernard Ywanne est décédé chez lui, à l’âge de 94 ans. Maire de Bonneuil de 1971 à 2004, Chevalier de la Légion d’honneur, il restera ancré dans la mémoire de tous les Bonneuillois, lui le maire bâtisseur à l’immense héritage.

« Avec vous et au nom de tous les Bonneuillois, je présente toutes mes condoléances, à ses filles, à ses petits-enfants et à ses camarades du Parti communiste français. »

Patrick Douet

C’est avec une vive émotion que Patrick Douet, maire de Bonneuil, a annoncé, vendredi 22 février, le décès de Bernard Ywanne.

« Il a marqué notre ville de son empreinte durant plusieurs décennies. Il a été un de ces maires bâtisseurs qui ont transformé leur ville en mettant l’accent notamment sur la construction et le développement des services publics et des logements décents pour les habitants. En 2004, il m’avait fait confiance pour lui succéder comme maire de notre ville. Plus que jamais, j’ai la ferme volonté de prolonger son travail, de rénover le patrimoine urbain et social de Bonneuil dont il a été l’architecte, avec Henri Arlès son prédécesseur, tout en construisant la ville de demain. »


Né en 1924 à Mandres-les-Roses, où ses parents tiennent un café-épicerie, il s’installe comme jeune instituteur à Bonneuil en 1956. Il est alors l’un des premiers habitants de la cité Fabien tout juste achevée.

Militant communiste chevronné, il entre dès 1959 au Conseil municipal, aux côtés d’Henri Arlès, maire depuis 1935. Il devient son plus proche collaborateur. Élu premier adjoint en 1965, il lui succède le 26 mars 1971.

Il est ensuite constamment réélu jusqu’en 2001.

Le 9 janvier 2004, il cède son fauteuil en cours de mandat à Patrick Douet. Durant ces 33 années, il n’a eu de cesse d’agir au service des Bonneuillois selon ce principe qu’il aimait formuler : « ferme du tronc, souple des branches ». Autrement dit fidèle à ses convictions et engagements autant qu’ouvert en permanence au débat.

Et Bonneuil lui doit tant. La piscine, la médiathèque, le théâtre, le stade, c’est lui. Les tours Jaurès, la Fosse aux moines, le quartier des Libertés, c’est lui. Le premier puits de géothermie, le foyer Louise-Voëlckel, le groupe scolaire Henri-Arlès… C’est encore lui. L’aménagement de la ZAC des Petits Carreaux, du Parc des Varennes ou encore la mutation du port, qui ont créé des milliers d’emplois… Bernard Ywanne et ses équipes municipales successives en ont aussi été les architectes.

En 1998, il reçoit, pour son action, le titre suprême de Chevalier de la Légion d’honneur, remis par son ami Michel Germa, président historique du Conseil général du Val-de-Marne, aux côtés duquel il a également siégé de 1979 à 1998.

Merci pour tout Bernard !

Une vie consacrée au progrès social et à la paix

En mai 2015, Bonneuil célébrait les 80 ans de sa gestion progressiste et démocratique, depuis l’élection en 1935 de la liste communiste « Bloc ouvrier et paysan ». À cette occasion, notre rédaction avait rencontré Bernard Ywanne qui fut, à la suite d’Henri Arlès et avant son successeur Patrick Douet, l’artisan de cette grande histoire. Voici ce qu’il nous disait.

Parlez-nous de vous, de votre parcours…

Bernard Ywanne : Je suis issu d’une famille d’ouvrier du bâtiment par mon père, et de petits paysans par ma mère. J’ai connu la dure vie des classes populaires, les injustices nées des inégalités sociales. À 12 ans, j’ai voulu devenir maître d’école. J’ai pu le réaliser grâce à la solidarité familiale. C’était une lourde charge à l’époque de pouvoir entreprendre de longues études pour les enfants de milieux modestes. J’avais quelques dispositions. Je me suis juré de les consacrer à la double lutte pour le progrès social et la paix dans le monde. J’ai poursuivi cet idéal avec mes camarades communistes. Je suis entré à l’École normale pour y acquérir les connaissances nécessaires pour former, dès l’enfance, les futurs citoyens aux principes démocratiques.

Vous avez été au service des Bonneuillois pendant 45 ans, maire durant 33 ans. Quel a été le fil rouge de vos mandatures ?

Bernard Ywanne : Dans la lignée d’Henri Arlès, ce fil rouge a été : un toit, un emploi, des équipements à la portée de toutes les bourses pour l’éducation, la santé, le sport, la culture mais également les loisirs qui sont aussi une forme de culture. Cela commence dès l’enfance, lors des colonies, au centre aéré… Un fil rouge selon une orientation constante vers une ville pour tous : il faut aider en priorité ceux qui sont le plus en difficulté. Mais pas uniquement. À Bonneuil, les zones pavillonnaires ont été développées en même temps que les quartiers d’habitat collectif. Petit à petit les propriétaires, souvent d’origine modeste, ont bénéficié d’importants travaux d’assainissement, d’éclairage public, de voirie… Ce qui leur a permis de revaloriser leur patrimoine et d’améliorer leur cadre de vie.

Qu’est-ce au juste une municipalité démocratique et progressiste ?

Bernard Ywanne : C’est tenir ses engagements envers la population, se battre avec elle pour surmonter les obstacles, mener les batailles pour obtenir les moyens d’un développement de la Ville. Je reste persuadé qu’il n’y a pas de progrès social individuel sans progrès social collectif. Le meilleur moyen de sauvegarder les acquis sociaux, c’est de les élargir. Le progrès social, comme la démocratie, sont des créations continues. Il est bon de le rappeler en ce moment de régression et où l’on jette aux orties les décisions populaires. Le développement de la Ville a été l’oeuvre collective d’équipes successives d’élus progressistes conduites par des maires communistes, et comme tels, maires de tous. Qu’ils trouvent dans ces propos l’hommage qu’ils méritent pour leur contribution efficace et fidèle.

Premières réactions

Par centaines, des personnalités politiques et publiques, des Bonneuillois ont témoigné de leur tristesse en apprenant la disparition de ce « grand homme qui a tant fait pour Bonneuil », dans les registres de condoléances et sur les réseaux sociaux. Florilège, bien loin d’être exhaustif…

Moments d'une vie...

Bonneuil, la passion d'une vie

Passion d'une ville, passion d'une vie...

Retrouvez le film sur Bernard Ywanne réalisé en 2004, à l'occasion de sa distinction de Maire honoraire de Bonneuil.

Son parcours, son action, son héritage et nombreux témoignages sur plus de 30 années passées au service des Bonneuillois.