Puro Pueblo, c’est le titre de l’exposition de photographies en noir et blanc, réalisée par John Hall et visible jusqu’au 25 avril 2020 au centre d’art municipal Jean-Pierre Jouffroy. Une immersion inédite au cœur des hommes, des femmes et des enfants du Chili, durant l’Unité populaire, au début des années 1970, avant la dictature sanguinaire de Pinochet.

11 septembre 1973, la crise qui couvait depuis des mois au Chili, finit par éclater violemment. Retranché dans le palais présidentiel, le socialiste Salvador Allende assiste impuissant à la prise de contrôle du pays par une junte militaire. À 14h, celui qui avait représenté l’espoir de la gauche de tout un continent, se donne la mort. Pour le Chili, c’est le début d’une dictature féroce sous la férule du général Augusto Pinochet. Elle durera 26 ans, fera 3 200 morts et disparus, ainsi que 38 000 personnes torturées.

L’onde de choc est immense. « Le monde entier était bouleversé par ce putsch. C’était l’événement dont tout le monde parlait. En 1974, pour contribuer à nourrir l’immense vague de sympathie qui s’exprimait de toute part, je décide d’éditer les photos que j’ai prises lors des manifestations de l’Unité populaire à Santiago, dont j’ai été témoin, entre 1971 et 1973 », explicite John Hall. C’est la genèse du portfolio intitulé « Puro Pueblo, les manifestations de l’Unité populaire à Santiago de Chili, 1971-1973 », qu’il conçoit avec la graphiste Margo Rouard-Snowman.

Revenons sur le contexte. En 1971, Salvador Allende est à la tête du Chili. John Hall, dans le cadre de ses fonctions pour la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, y est convié pour mettre en forme un programme de développement laitier. Il assiste alors à une quinzaine de mobilisations de l’Unité populaire chilienne, qui, au pouvoir de 1970 à 1973, réunit toutes les forces de gauche au service du peuple, et aspire à une société plus démocratique, plus égalitaire. Ces années sont marquées par de nombreux affrontements idéologiques, diverses tentatives de déstabilisation, l’application de son programme bouleversant l’économie chilienne et les habitudes de la classe bourgeoise.

C’est cet exceptionnel moment de l’histoire du Chili et de la démocratie que les Bonneuillois·es sont conviés à (re)vivre, au travers de cette exposition, dans ce bel écrin qu’est le centre d’art municipal. Articulée autour de quelque 80 clichés, en noir et blanc, elle est étayée de textes de l’auteur, de l’écrivain chilien Antonio Skarmeta et du poète chilien Pablo de Rokha. La mise en scène est originale. « Au lieu d’une succession de photos se suivant les unes les autres, elles sont disposées de façon très contrastée entre les sujets horizontaux (la manifestation) et verticaux (les participants) qui donnent le sentiment au visiteur de défiler lui-même avec la foule », commente l’artiste. Une exposition qui pourrait peut-être inspirer les Bonneuillois·es à participer au concours de photographie en noir et blanc que propose la Ville à cette occasion.

Puro Pueblo

Exposition jusqu'au 25 avril.

Centre d’art municipal Jean-Pierre Jouffroy.
Place Aimé-Césaire.

Ouvert mercredi de 9h à 17h, vendredi de 14h à 17h et samedi de 10h à 18h.
Tél. : 01 56 71 52 25.
Entrée libre.
Site accessible aux personnes à mobilité réduite.