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Samedi 30 octobre, à 20h30, Jean-Pierre Darroussin jouera sur la scène du théâtre Gérard-Philipe le spectacle Rimbaud en feu. Son premier seul en scène. Rencontre avec le comédien et réalisateur, César 1997 et Molière 2018, à l’affiche dernièrement du film Des hommes et de la série Le bureau des légendes.

Bio express

Né à Courbevoie en 1953, Jean-Pierre Darroussin est acteur et réalisateur. Fils d’étameur, il découvre le cinéma au lycée. Il entre au conservatoire en 1976 où il rencontre Catherine Frot et Ariane Ascaride. En 1997, il obtient le César du meilleur second rôle dans Un air de famille. Il est à l’affiche au total de 63 films, dont beaucoup aux côtés du réalisateur Robert Guédiguian, parmi lesquels : L’Armée du crime, Marius et Jeannette, Les neiges du Kilimandjaro, ou encore Au fil d‘Ariane. C’est aussi un acteur de théâtre. Avant Rimbaud en feu, il a obtenu le Molière du meilleur comédien en théâtre privé pour Art de Yasmina Reza en 2018.

La rédaction : Vous serez un Rimbaud en feu, samedi 30 octobre à Bonneuil. Pourquoi un seul en scène et pourquoi Rimbaud ?

Jean-Pierre Darroussin : La première raison, il faut l’avouer, est économique. Avec les fermetures des théâtres liées à la crise sanitaire, les trésoreries ne sont pas florissantes. Il est très difficile de produire des spectacles dans les temps actuels. On a donc réfléchi à quelque chose de simple : un seul en scène. Je suis un acteur de théâtre, j’aime jouer avec des partenaires, mais j’ai trouvé que c’était aussi un challenge intéressant de proposer quelque chose qui soit original, une création. Avec Jean-Michel Djian, on a élaboré ce spectacle sur Rimbaud, un Rimbaud qui ne serait pas mort, et dont l’âme continuerait à circuler. Ici à travers quelqu’un enfermé dans un asile. Il observe le monde tel qu’il s’est déroulé pendant ces 150 dernières années. Il est en feu, incandescent, et il cherche à être fusion avec les éléments, la nature, l’histoire… Une idée intéressante qui j’espère va entraîner les gens.

La rédaction : Une dizaine de jours après votre spectacle à Bonneuil, le 10 novembre, on commémorera le 130e anniversaire de sa disparition. Pour lui, être un poète, c’était « se faire voyant ». Quel voyant êtes-vous dans ce Rimbaud en feu ?

Jean-Pierre Darroussin : C’est le voyant de la disparition de l’âme. Il voit comment le monde moderne ne la considère pas comme si précieuse et que notre société de technologie et de consommation n’a que faire d’écouter les âmes vibrer. Il est un personnage tourmenté. Mais comme souvent les auteurs universels, Rimbaud est ici traversé par des fulgurances qui parlent à tout le monde. Un fou, mais un fou qui comme parfois dit le vrai, des mots qui ne sont pas trafiqués par notre société pour éloigner le cœur des choses.

La rédaction : Vous avez grandi dans un quartier ouvrier de Courbevoie. Vous restez très attaché aux valeurs et aux combats des quartiers populaires. Qu’est-ce que cela représente pour vous de jouer dans un théâtre comme celui de Bonneuil, ville à la longue histoire ouvrière et populaire

Jean-Pierre Darroussin : Je ne connais pas Bonneuil. Mais ce que vous me dites me rend plus impatient de venir y jouer. Je pense aussi que ce spectacle parle d’une façon un peu plus intime, avec plus de résonnances, aux personnes du monde ouvrier et de ce que j’appellerais le peuple de gauche.

 

Rimbaud en feu
Auteur : Jean-Michel Djian
Mise en scène : Anna Novion
Samedi 30 octobre, 20h30 Salle Gérard-Philipe
Tarif pour les Bonneuillois : 13 euros (plein), 11 euros (réduit), 5 euros (-16 ans).