Du village à la ville...esprit village

Les traces de l’histoire de Bonneuil remontent aux premiers siècles de notre ère, comme le suggère le suffixe euil dérivant du terme gaulois signifiant "lieu". À l’origine, existait probablement une villa gallo-romaine du nom de Bonoilum, Bonogilum ou Bonogelum, incluse dans le « fisc » impérial romain, sur la route de Paris à Sens. Une « villa royale » s’y trouve toujours au VIIe siècle. Les rois Clotaire II puis Dagobert y séjournent régulièrement et y prennent des décisions importantes. Un miracle s’y produit, dit-on, au passage du cortège funéraire de Saint-Louis, dans l’hiver 1270-71. L’église, vouée à Saint-Martin au 13e siècle, est sans doute encore plus ancienne.

À la fin du Moyen Âge et durant la Renaissance, le territoire est réparti en deux seigneuries : le château de Bonneuil, aujourd’hui détruit, et le fief vassal du Rancy dont les bâtiments existent toujours. La Révolution abolit leurs avantages, instaure une commune en 1790 et nous laisse un cahier de doléances bonneuillois remarquable.

Le XIXe siècle est celui des occupations prussiennes liées aux défaites du Premier et du Second empire. En 1814-1815, tout d’abord, puis en 1870. Mais en dehors de ces périodes troublées, Bonneuil demeure le « charmant village » fort apprécié des parisiens, qui viendront se détendre en bord de Marne au Moulin-Bateau jusqu’au XXe siècle.

Différents détachements sont cantonnés dans la ville durant la Grande guerre de 1914-18, comme en témoignent les nombreuses cartes postales que ces soldats envoient à leurs familles.

Bonneuil grandit et s’urbanise : 119 habitants en 1726, 2489 en 1936, plus de 16300 en 1999 et 17000 en 2016. Avec l’arrivée du train et du tramway, son histoire devient au XXe siècle une histoire industrielle et ouvrière : celle de son grand port, le deuxième d’Île-de-France, construit à partir de 1916 dans les plaines inondables de l’île Barbière. Celle des usines qui s’y massent dans les années 30, comme la fabrique Lancia qui produira jusqu’à 5 voitures par jour. Celle des luttes sociales, également, et du Front populaire qui voit le maire Périer, patron d’une importante fabrique, remplacé par un syndicaliste de sa propre entreprise : c’est Henri Arlès, qui rejoindra les maquis durant l’occupation et qui restera maire jusqu’en 1971.

L'histoire de Bonneuil, comme du reste de l'Île-de-France, est dominée après-guerre par la question du mal logement lié à l’accroissement rapide d’une population ouvrière.

Elle aboutira à Bonneuil à la construction d’un vaste parc de logements sociaux. De cette histoire nous restent plusieurs édifices, en particulier ceux de l’ancien fief du Rancy et l’église du XIIIe siècle.

L’histoire est toujours sujette à débat. La mairie ne prétend pas se substituer aux chercheurs amateurs ou professionnels qui, mieux qu’elle, sont capables de la faire avancer. L’objectif modeste de cette rubrique est de rendre disponibles quelques éléments d’information, qui pourront être complétés par des lectures plus approfondies. Nous remercions particulièrement messieurs Barty Mekri et Henri Bernard pour leur aide précieuse. Les ouvrages de Jacques Varin, Bonneuil-sur-Marne, une histoire millénaire et Bonneuil-sur-Marne au XXe siècle ont largement été utilisés, de même que les notices du Laboratoire Départemental d’Archéologie, Autrefois – Bonneuil de Christian Pontagnier et Bonneuil, histoire d’un port en eaux douces de Barty Mekri.