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#291 Ameline WALTER

 « J’ai toujours voulu être chanteuse »

Elle a chanté à la fête de Bonneuil en septembre, lors de la soirée de la réussite en décembre, était très impliquée dans les Rencontres de la jeunesse fin 2021. Le 28 janvier, Ameline, 19 ans, chantait encore salle Gérard-Philipe en ouverture du spectacle Barbara et Brel de la Cie Lou Casa.

La jeune femme a quitté son Alsace natale et posé ses valises à la résidence tudiante Pierre-Bourdieu il y a deux ans. Elle est entrée à l'Académie internationale de comédie musicale - au coeur de l’Université Paris-Est Créteil - qui forme des artistes pluridisciplinaires. « Mon rêve ? Faire une carrière internationale. J’ai ce besoin de transmettre et partager ». Citant Slimane ou encore Charles Aznavour, la jeune chanteuse confie être très attachée à la variété française, « aux textes sincères ».

« Je prépare aussi une comédie musicale sur Nelson-Mandela dans un projet avec la Maison de la réussite. Tout ça, c’est beaucoup de travail, mais c’est ma vie ».

Pour la suivre et l’encourager :

#292 Evelina MENDY

Médiatrice municipale chargée d’aide à la parentalité

Il y a deux ans, un des fils d’Évelina est hospitalisé, suite aux violences de jeunes d’une ville voisine.

Alors que la tension monte, Évelina, membre de l’association Djiguiya espoir, appelle au calme, convaincue que « leurs checs sont nos checs. Leurs réussites, sont nos réussites. Dans le respect qu’ils nous doivent, et dans le respect que nous leur devons, les jeunes ont besoin qu’on leur parle, qu’on les écoute, qu’on les soutienne, pour reprendre confiance en eux ».

Une diplomatie et un sens de l’écoute qu’elle conjugue dans ses fonctions de médiatrice, d’aide à la parentalité, à l’espace Nelson-Mandela.

    « Dès que j’entends parler d’un acte de violence, d’une fugue… impliquant un jeune, je me renseigne puis je contacte le·s parent·s, le·s jeune·s pour entamer le dialogue, trouver une issue, étaye-t-elle. Ce travail, que je mène avec les élus, les services municipaux, les animateurs, les éducateurs de rue… permet de freiner les escalades de violences et de restaurer la relation familiale parent-jeune ». 

    • Espace Nelson-Mandela. Tél. : 06 63 95 75 89.

    #293 Madeleine CHASSAIN

    Une centenaire Bonneuilloise

    Née le 19 décembre 1921, Madeleine est une centenaire en forme. « On dit que le travail nuit à la santé mais regardez-moi, j’ai travaillé jusqu’à l’âge de 70 ans et je suis encore là ! Je me levais à 5h pour travailler aux marchés alimentaires de Bonneuil, Valenton et Limeil ! Je n’étais pas couchée avant 23h car il fallait se réapprovisionner à la campagne. Rungis n’existait pas ! » témoigne-t-elle.

    Madeleine a quitté son Loiret natal pour poser ses valises à Bonneuil, il y a 75 ans. « J’ai emménagé, cité Fabien, puis, en me privant beaucoup, j’ai acheté une maison rue Georges-Ferrand. Depuis 4 ans, je vis à la résidence des Bords de Marne, où je suis très bien. J’ai connu quatre maires à Bonneuil-sur-Marne, un divorce et un remariage », résume-t-elle.

    Le regard qu’elle porte sur les grands bouleversements de ce siècle ? « Dans les années 20, on s’éclairait à la lampe à pétrole, on allait chercher l’eau au puits… C’est fou. Mes souvenirs sont confus, mais une chose est sûre, tout est allé très vite ! »

    #294 Karim KONE

    Multiplier les expériences pour construire l’avenir

    Habitant du quartier République, ce jeune homme de 18 ans a plus d’une corde à son arc. Footballeur et entraineur des 8-9 ans au RC Joinville – « Je voulais être pro mais c’était compliqué » diplômé du Bafa depuis juin dernier – « J’espère pouvoir travailler bientôt comme animateur » il est aussi lycéen à Léon-Blum à Créteil en bac professionnel MCO (Management commercial opérationnel).

    Ces derniers mois, il a décroché des stages chez Intersport au Shopping parc de Bonneuil, puis chez Jardiland, dans la ZAE des Varennes – « Une super expérience, j’ai gardé de bons contacts » et un job tudiant chez KFC non loin. En quête d’un « patron » pour son projet d’alternance, il est accompagné par le Point information jeunesse dans ses démarches. L’étape Parcoursup veut que les étudiants aient exprimé leurs voeux (lycées, coles…) au plus tard le 7 avril. « Si j’ai trouvé une entreprise d’ici là qui m’accepte en alternance, j’aurai plus de facilités à obtenir une place en lycée pour l’année prochaine ».

    #295 Joëlle SELVA

    Juriste intervenante à la MJC/MPT

    Agente au conseil départemental de l’accès au droit du Val-de-Marne, Joëlle Selva tient une permanence le 3e jeudi du mois à la MJC/MPT. « Je travaille pour le ministère de la justice à la coordination et au développement de la politique d’accès au droit ». Licence de droit public et privé en poche appuyé d’un master Parcours de la bioéthique et de la santé, elle exerce depuis 5 ans.

    « Je délivre des informations – de premier degré et généralistes en tous domaines. Droit de la famille, du travail, du logement, de la consommation… J’informe les usagers, présente les dispositifs existants, conseille, oriente ». Un billet de voyage difficile à annuler, un chantier qui se complique à domicile, un licenciement qui se présente mal, des violences conjugales…

    Le travail s’exerce en réseau. « Ça me plaît beaucoup. Je me sens utile. Tout m’intéresse et il est nécessaire d’avoir des connaissances en tous domaines juridictionnels ».

    #296 Jérôme GATINEAU

    Docteur en immunologie

    « Plus tard, je voudrais aider les autres ». C’est le voeu écrit par Jérôme Gatineau sur un bout de papier, exhumé d’un carton de l’enfance par sa maman. Il avait 10 ans, et déjà cette envie d’être au contact des autres, de leur venir en aide, doublée d’une appétence pour les mathématiques, les sciences.

    À maintenant 28 ans, Jérôme, « Bonneuillois depuis toujours » comme il le souligne, n’a jamais dévié de cette ambition. Bac en poche, il est d’emblée tenté par la médecine, mais « la peur de la routine » et « la confrontation au cancer dans ma famille » le réorientent vers la recherche médicale. À l’université Paris-Est Créteil (UPEC), il obtient un Master en immunologie, l’étude du système immunitaire ; il y mène sa thèse de doctorat en Biologie cellulaire et moléculaire, intitulée « Compréhension des mécanismes moléculaires de l’enzyme immuno-régulatrice IL4I1 ».

    « C’est un projet de recherche biomédicale dans l’immuno-régulation et la biothérapie, un travail sur le cancer du pancréas, auquel en général on ne survit pas, que j’ai mené à l’institut Henri-Mondor. J’ai cherché à comprendre le fonctionnement de l’enzyme IL4I1, qui inhibe la réponse immunitaire contre le cancer », étaye le jeune scientifique, des étoiles plein les yeux. Le mois dernier, il soutient sa thèse et obtient, à l’unanimité du jury, le plus haut grade universitaire, celui de docteur, un Bac+8.

    Son avenir, il l’envisage dans la recherche et le développement. « Le contact humain, le travail d’équipe… C’est fascinant. On découvre tous les jours. Je m’orienterai sur l’immuno-oncologie, l’étude du cancer, la 2e cause de mortalité dans le monde ». Pour aider les autres, toujours.

    #297 Freddy Dzokanga

    Auteur d'un premier roman

    Éditeur d’ouvrages en langue lingala, Freddy, originaire de Bonneuil-sur-Marne, est l'auteur, au visage dissimulé, d’Itinéraire bis. Un caprice ? Pas du tout. « J’ai écrit pour être lu et non connu et reconnu. La célébrité m’indiffère », justifie-t-il. Auto-édité en janvier 2020, son roman est le fruit de « six mois d’écriture intense, il y a vingt ans, au sortir de mes études en management et communication ». Au gré des 380 pages, clin d’œil involontaire au code postal de la ville, il relate l’amitié indéfectible des trois compères Issa, David et Mohamed happés par une vie marginale, le gangstérisme de cité dans les années 80, « la belle époque », la cité Fleming, cette « forteresse infranchissable pour tout étranger non autorisé. »

    Fleming, justement, c’est la cité de cœur de Freddy. Né en 1975 au Congo, sa famille y pose ses valises, fin des années 70, à Fernand-Widal. « C’est toute ma vie, une enfance heureuse, très choyée par la famille, les gens du quartier, l’entourage. Les grands avaient toujours un œil bienveillant sur les plus petits. Je faisais partie de ces petits, confie Freddy. À Fleming, toutes les nationalités se croisaient en toute intelligence et harmonie. Il y régnait un esprit de famille et solidaire. »

    Itinéraire bis n’est pas autobiographique. « C’est un roman inspiré de faits réels, de mes nombreuses rencontres à Bonneuil et ailleurs, avec des personnages aux situations familiales compliquées, qui n’avaient pas d’autres choix que d’emprunter des itinéraires bis. J’avais envie de parler de cette jeunesse des quartiers populaires, de figer une histoire qui nous parle et nous ressemble, qui manque tant dans la littéraire actuelle. » Un précieux devoir de mémoire.

    #298 Hélène Gélin

    La passion des échecs

    En 1998, cette Bonneuilloise a commencé à s’intéresser aux échecs, son fils aîné de 10 ans ayant exprimé l’envie de jouer. Ce jeu de plateau, devenu sport cérébral en 1999, ne l’a pas quitté depuis. Après des coups d’essai à Bonneuil avec la MJC, salle Courbet « je suis allée au club de Créteil, l’activité n’ayant pas perduré dans ma ville ». Le plaisir devenant passion, l’expérience a amené Hélène à la tête de l’association cristolienne en 2004, affiliée au comité départemental du Val-de-Marne, arbitre à partir de 2014 et animatrice auprès des enfants et des jeunes depuis l’année dernière. À l’aube de la retraite professionnelle,« je projette de mettre sur pied des ateliers à Bonneuil pour les enfants et les adultes débutants, voire même de créer une section sportive ». À coup sûr, cette femme combative et compétitrice - elle est également 3e dan de judo qu’elle pratique depuis 50 ans - gagnera une partie déjà entamée sur le plateau bonneuillois ! La qualité principale pour débuter ? « L’envie ».

    #299 Harry Bobèche

    « Je peux dire que je suis un homme heureux »

    Après 35 années au service de la collectivité comme chef-cuisinier au centre de vacances municipal en Vendée, Harry prend sa retraite. L’homme de 65 ans au sourire large et aux yeux pétillants avoue ne pas bien connaître le sens de ce mot... « J’ai plein de projets. La mise en route d’un food truck créole avec un ami à Cezais, par exemple. J’ai plein d’autres choses à faire à travers le monde. Je me nourris des autres, des senteurs, des paysages, des cultures multiples ». Point d’honneur depuis l’âge de 16 ans où il a quitté l'île de la Réunion pour tenter l’aventure culinaire à Paris : la liberté. « J’y tiens plus que tout. Je vais poursuivre l’aventure, pour moi et pour les autres. Des amis, j’en ai plein, partout. » Du centre de vacances municipal, il garde le souvenir d’ « un laboratoire culinaire ». « Les Bonneuillois ne le savent peut-être pas mais ils ont été mes testeurs, confiet-il. Leur cuisiner mon poulet à la vanille, de l’espadon, du requin… a été un grand plaisir. Je peux dire que je suis un homme heureux ».

    #300 Manon, Eden, Zakariya, Marie-Élise, Flavi, Théotime, Giovanni, Malick, Bilal et Jordan

    De jeunes artistes des ateliers peinture, modelage et mosaïque de l’école Maud-Mannoni

    Les poupées d’Eden et les compositions plastiques de Manon, les sculptures et les peintures de Zakariya, les créations en terre et bois de Bilal, et ses miroirs de mosaïque, les personnages de Malick, les tours de Giovanni, la terre gravée et les lettres de Théotime, la force de Flavi, l’impressionnisme coloré de Marie-Élise, les myriades de formes colorées qui composent les personnages de Jordan… Des modelages vivants, des peintures murales flamboyantes, des miroirs et autres cadres en mosaïque… Il y avait de quoi s’émerveiller au centre d’art en avril. L’exposition mettait à l’honneur de jeunes créateurs, parmi les 17 enfants et adolescents inscrits à cette école singulière fondée en 1969 et envisagée comme une alternative à l’hôpital psychiatrique.

    « Nous proposons aux jeunes des pratiques libres, permettant de développer leur créativité en prenant plaisir à expérimenter les matières », commente Josefina Block, psychologue, qui co-anime l’atelier modelage. Dans le propos inaugural le 7 avril, par la voix de Véronique Arnaud-Boutry, psychologue et animatrice de l’atelier peinture, l’équipe de l’école a rappelé : « Notre projet ambitionne de légitimer l’inscription des jeunes au cœur de la cité dans un réseau culturel et social. Confronter les œuvres des ateliers à un regard et un public extérieurs est une démarche essentielle. Ce à quoi répondent chaleureusement le centre d‘art de Bonneuil et la municipalité ».

    #301 Yasmina MARTIN

    Jeune architecte-designer originaire de Guadeloupe où elle a obtenu un bac en sciences et technologies du design et des arts, elle a été admise en BTS design d’espaces au lycée polyvalent Adolphe-Chérioux à Vitry.

    C’est ainsi qu’elle est arrivée à Bonneuil en 2016, à la résidence étudiante Pierre-Bourdieu. « Ce BTS m’a permis d’étudier différents champs. L’architecture, le rapport entre l’espace, l’homme et l’objet m’ont beaucoup plu. » Diplôme en poche en 2018, Yasmina a obtenu une bourse d’études, pour s’inscrire dans une école d’architecture à Paris. Sa détermination a été couronné de succès en juillet 2021 avec l’obtention de son diplôme d’architecte-designer. Aujourd’hui, à 24 ans, elle multiplie les expériences. Un contrat court en organisation d’espace commerciaux, un stage auprès d’une architecte. Objectifs : « Travailler en équipe, développer le lien entre architecture et environnement et faire de la conception d’objets. » Elle souhaiterait rester vivre à Bonneuil, une ville dans laquelle elle trouve tout ce dont elle a besoin : « les transports et les espaces de verdure, notamment sur les quais de la Marne dans le port ».

    #302 Habib ZERROUGUI

    Ambulancier, au service des autres

    Habib, 32 ans, a fait toutes ses classes à Bonneuil et y travaille comme gérant de « A2 ambulances » et d’« Ambulances Kleber ». En 2011, lors d’un stage, il découvre le métier d’ambulancier. « Aider, écouter, instaurer une relation de confiance avec les patients en perte de mobilité, âgés ou isolés m’a tout de suite plu », confie-t-il. Diplôme d’État en poche, il se rend disponible, jour et nuit, pour « être autonome et indépendant ». Pari tenu. Il emploie désormais 14 personnes, qui se relaient, 7j/7, 24h/24, à Bonneuil, mais pas que. Un métier-passion dont il déplore le manque de considération. « Les gens ne savent pas que 40% de notre activité consiste à gérer les urgences médicales en lien avec le Samu. Un ambulancier doit savoir poser un diagnostic, prendre le pouls, la tension, faire les premiers soins cardiaques et respiratoires, désinfecter des plaies, comme les pompiers, mais sans avoir leur notoriété. »