Bien avant l’annonce du Gand débat national, le maire de Bonneuil, dans le contexte actuel du mouvement des gilets jaunes, a mis à disposition des citoyens des cahiers de doléances, rejoignant l’initiative de l’Association des maires d’Île-de-France. Chacun était invité à s’y exprimer du 11 décembre au 20 janvier, avant de les transmettre au Gouvernement.

Depuis le lancement des cahiers de doléances le 11 décembre, pas moins d’une cinquantaine de pages a été remplie.

Parmi les contributions (toutes anonymes), une colère sociale forte s’est manifestée : « Quid des classes moyennes ayant travaillé et cotisé 43 ans ? », « On ne vit plus, on survit », ou encore « Nous voulons vivre de notre travail, nous ne pouvons plus régler nos factures ni même manger »… Aussi, les Bonneuillois y ont exprimé des exigences et des propositions nombreuses.

 

  • Fiscalité et taxes

Le rétablissement de l’Impôt de solidarité sur la fortune arrive en tête des exigences, avec la suppression de la CSG pour les retraités. Les Bonneuillois demandent la baisse des impôts injustes, la baisse des charges de logement (électricité, gaz, loyer), plus de justice fiscale avec un combat contre la fraude et l’évasion, la suppression de toutes les taxes, la taxation à la source des banques et des entreprises côtées en bourse.

  • Salaires, retraites, prestations sociales

C’est l’augmentation générale des salaires et du Smic qui arrive en première ligne suivie de près par l’augmentation des retraites avec leur indexation sur le coût de la vie. La mise en place d’un revenu universel est notée ainsi que la restauration des CDI. La baisse de l’âge de la retraite est aussi demandée. Les doléances portent également sur le dégel du point d’indice des fonctionnaires, l’abrogation de la loi Travail, une égalité pour tou·te·s en terme salarial, la révision des barèmes de la Caf et du versement du RSA, l’instauration d’aides pour les veuves et veufs avec enfants.

  • Citoyenneté

La mise en place d’un Referendum d’initiatives citoyennes (Ric) est fortement évoquée. Également inscrits, plus de démocratie directe avec l’instauration d’assemblées populaires, la prise en compte des votes blancs dans les scrutins électoraux, l’application du vote à la proportionnelle pour toutes les élections, le vote obligatoire, le droit de vote pour les étrangers aux élections municipales ou encore le droit de manifester sans entraves.

  • Services publics

Le maintien et le développement des services publics de proximité apparaît largement. Des moyens supplémentaires sont demandés pour l’école, la police, les pompiers et les hôpitaux publics, avec recrutement et formation.

  • Logement et environnement

Encadrer les loyers, les modérer, entretenir les logements sociaux. Majoritairement sur cette thématique, le logement social apparaît comme un incontournable à développer et protéger. Les retraités sont cités comme devant y être logés prioritairement. Sur l’aspect environnemental, des doléances portent sur la mise en place d’une politique engagée dans une urgence climatique et environnementale créatrice d’emplois avec intégration de la dimension écologique dans les projets immobiliers locaux.

  • Institutions

Parmi les doléances également : suppression des avantages des anciens présidents, ministres, sénateurs, députés ; démission du Président, dissolution de l’Assemblée nationale, suppression du Sénat, instauration d’une sixième République. Dans cette thématique : la réduction des dépenses de l’Élysée, la dissociation de la présidentielle et des législatives, la moralisation de la vie politique, une consolidation du lien de confiance entre les citoyens et le gouvernement, l’inéligibilité à vie pour les personnes condamnées, l’interdiction des cumuls de mandat et leur limitation à deux au cours d’une vie.

  • Et aussi…

Prise en charge du 4e âge et des maisons de retraite, mise en sécurité sociale des personnes handicapées et des enfants, égalité sociale pour tous et meilleure écoute des jeunes des quartiers.