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Élu maire depuis le 24 janvier 2021, Denis Öztorun se dit un maire de terrain, qui « lie les actions concrètes aux objectifs politiques et à l’intérêt général ». Un an après son élection, il répond à nos questions et fixe le cap de cette nouvelle année.

B/M : Quels sont vos vœux pour 2022 ?

Denis Öztorun : Je souhaite une bonne année à toutes et tous les Bonneuillois, et particulièrement la santé en ces derniers temps de persistance du virus Covid-19. Mon vœu pour 2022, c’est surtout l’avènement d’une République sociale et laïque. Qui protège sa population. 2021 a été l’année de toutes les restrictions sociales et de libertés, sous couvert notamment de crise sanitaire. La crise financière et économique ne frappe désormais plus à la porte, elle est dans nos maisons. Et notre gouvernement fait le choix de soutenir les plus riches, plutôt que les salariés, les petits entrepreneurs, les jeunes, les retraités, etc. Beaucoup de choses se sont reposées sur les collectivités, à l’image de la vaccination contre la Covid-19. Alors même que nous subissons une totale asphyxie budgétaire et une mise sous tutelle indirecte de l’État. Je suis également révolté par les débats nauséabonds qui propagent dans nos télévisions et les réseaux sociaux les pires idées de haine, de racisme, d’antisémitisme. Il nous faut une République qui protège face aux discriminations, face aux inégalités, à l’insécurité sociale et aux fascismes. J’invite toutes et tous à s’emparer de ce vœu et à construire ensemble ce projet de société.

B/M : Dimanche 24 janvier, cela fera tout juste un an que vous avez été désigné maire de Bonneuil. Comment avez-vous vécu cette première année ?

Denis Öztorun : Ce fut une année très intense, mais passionnante. Je n’ai pas eu trop le temps de me poser la question de ma place. Je devais tout de suite être sur le pont. En janvier, nous étions en plein confinement, et il a fallu rapidement prendre des décisions fortes et se battre pour la population, notamment pour l’ouverture du centre de vaccination. En 2021, nous avons mis en place le nouveau plan des solidarités, qui bénéficie aujourd’hui à tous les Bonneuillois et se poursuivra en 2022. Comme je le disais il y a un an, dans la continuité de mon prédécesseur Patrick Douet, je veux être un maire de combats victorieux et de résistance.

B/M : Lors de votre élection, vous lanciez trois grandes campagnes, trois grandes priorités de votre mandat. Où en sont actuellement ces trois chantiers ?

Denis Öztorun : Le premier, c’est justement la défense de notre République. Il y a urgence à défendre nos valeurs républicaines, à agir pour le vivre-ensemble et la laïcité. Nous renforcerons cette année nos actions pour le devoir de mémoire, avec plusieurs campagnes dont la désormais traditionnelle Quinzaine de la mémoire et de la citoyenneté. Aussi, la République ne peut exister que par la démocratie. C’est pourquoi, nous élus, allons chaque semaine à la rencontre des habitants, devant les écoles, sur le marché du dimanche, mais aussi lors de permanences et de visites de quartiers. En 2022, nous irons plus loin dans notre démarche avec l’installation dès septembre des comités de quartiers puis la création de budgets participatifs. L’objectif est, à l’image de la Commune de Paris dont nous avons célébré les 150 ans en 2021, de donner le pouvoir directement aux citoyennes et citoyens dans leurs quartiers. C’est la population qui décide pour elle-même.

 

 

Dimanche 12 décembre, le maire Denis Öztorun et le chef cuisinier Jérôme Bertin animaient un live culinaire et citoyen sur les réseaux sociaux. Depuis le marché de Bonneuil, ils ont cuisiné une recette spécialement imaginée pour l’occasion par le chef : une tartine gourmande au houmous de potiron (voir le B/M de janvier 2022). Dans le même temps, le maire répondait en direct aux questions et réactions des habitants. Sans tabou, ni joker : « Pourrait-on avoir un distributeur de billets au quartier République ? », « Quelles solutions pour améliorer le stationnement aux Libertés ? » ; « Un jeune sans titre de séjour peut-il bénéficier de la bourse au permis ? » ; « Quelle est la position de la Ville sur l’encadrement des loyers ? » ; « Que fait la Ville pour soutenir le monde de la culture ? »… Pendant près d’une heure, plus de 500 internautes ont suivi cet événement original.

B/M : Le deuxième, c’est l’action pour le climat…

Denis Öztorun :Oui, c’est en effet une de nos priorités pour le mandat. Et cette année 2022 lui sera fortement consacrée. En septembre, nous lancerons une grande conférence du climat qui réunira la population, les institutions, les acteurs économiques et le monde associatif. L’objectif est de définir les orientations, les objectifs et les actions concrètes à mener d’ici 2035. J’ai notamment l’ambition de lancer cette année le projet « 1 arbre pour un habitant » dans l’espace public. Aujourd’hui, notre commune compte déjà un peu plus de 14 000 arbres pour 18 000 habitants. Déjà en 2021, nous avons mené de nombreuses actions telles que la poursuite de la mise en LED de l’éclairage public, l’équipement de nouveaux véhicules écologiques, ou encore de nouveaux investissements de voiries. À l’image des travaux de la rue du Chemin-Vert, avec la pose d’un revêtement réfléchissant contre les effets des îlots de chaleur.

 

B/M : Et le troisième, c’est le développement du multimodal…

Denis Öztorun :Oui, et en la matière, nous avons beaucoup avancé. Depuis plus d’un an, je pétitionne auprès de toutes les institutions pour le projet ambitieux de fédérer les plateformes multimodales du port de Bonneuil, de l’aéroport d’Orly, du Min de Rungis et de la gare de Villeneuve-triage. Il s’agit de milliers d’emplois à la clé, de réindustrialiser notre département et de favoriser une économie durable pour l’environnement avec plus de fluvial et de ferroviaire. Aujourd’hui, nous avons le soutien d’Haropa Ports de Paris, de la métropole du Grand Paris, de nombreuses entreprises du port et enfin de l’État. Nous attendons avec impatience les résultats de l’étude annoncée par le Premier ministre. Mais ce projet ne sera réalisable que si le prolongement de la RN 406 vers le port aboutit. C’est une condition essentielle de son développement. Aujourd’hui, il y a un réel danger d’arrêt des travaux. À l’issue de la première phase du chantier qui est en train de s’achever, on constate qu’il manque encore près de 80 millions d’euros pour mener les deux dernières phases. C’est pourquoi nous lancerons début 2022 une grande campagne auprès de la population, pour sensibiliser et nous mobiliser tous ensemble pour que ce projet aille au bout.

 

B/M : Vous aviez décrété l’année 2021, année des solidarités. Que sera cette année 2022 ?

Denis Öztorun : En 2021, nous avons aussi beaucoup résisté et beaucoup préparé. Aussi, 2022 sera une année offensive, d’actions. La solidarité restera notre fil rouge, évidemment avec le plan des solidarités qui sera d’ailleurs renforcé. Nous allons rentrer dans la phase opérationnelle de la rénovation du quartier Fabien et celle du centre ancien. Nous allons mener les 28 engagements issus des Rencontres de la jeunesse, auxquelles ont participé pas moins de 1 000 jeunes. Il s’agit d’actions fortes pour répondre à leurs besoins et attentes. Nous serons offensifs pour défendre nos services publics et notre République. Pour construire cette République sociale et laïque à laquelle nous avons tant besoin.