Née en 1960 au Bénin, Angélique Kidjo est reconnue aujourd’hui comme une des plus grandes artistes internationales. Lauréate de quatre Grammy Awards, elle est l’auteure de 16 albums en plus de 30 ans de carrière.

Immense star internationale, lauréate de quatre Grammy Awards (Victoires de la musique américaines), ambassadrice de l’Unicef, Angélique Kidjo, Bonneuilloise de cœur, a été honorée par le maire Patrick Douet lors de ses vœux. Elle est marraine de la commune pour l’obtention du label des Nations Unies « Ville amie des enfants » et sera en concert à la salle Gérard-Philipe, vendredi 4 décembre.

B/M : Vous venez de recevoir du maire la médaille de la ville de Bonneuil. Quel est votre attachement avec notre commune ?

Angélique Kidjo :J’aime beaucoup Bonneuil ! Avant d’aller aux États-Unis, je suis venue vivre ici. Et j’ai trouvé une ville où le vivre ensemble fait partie de son ADN. Ça me plait parce que c’est la réalité du monde dans lequel on vit. Vous savez, j’ai grandi dans un pays [le Bénin] où toutes les communautés, quelle que soit son origine et sa religion, nous vivions tous ensemble. Dans ma rue, c’était un microcosme du monde. Et Bonneuil est une ville qui n’arrête pas de se développer, de faire des efforts pour tout le monde et d’agir pour ce vivre ensemble. Et l’éducation ici est super ! Ma fille y a commencé l’école en maternelle… Elle a fini ses études à l’université de Yale! Le début de l’éducation c’est primordial pour la réussite, et ma fille a eu toutes les bases à Bonneuil. Pour cela, je remercie beaucoup la Ville. Quand on permet à chaque enfant d’être libre, d’être soutenu, écouté, on lui permet de bien grandir.

B/M : Vous venez surtout de recevoir votre 4e Grammy Award, pour votre dernier album intitulé Celia. Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Angélique Kidjo :J’ai commencé à chanter à l’âge de 6 ans. Très tôt à faire de la scène. Je dis toujours : si le paradis ressemblait à la scène, je mourrais demain [Rire]. Mais tout ça, c’est du travail. Je n’ai jamais rien pris pour acquis, ni mes disques, ni mon écriture, ni même ma carrière. Chaque fois qu’on monte sur scène, c’est un recommencement. C’est pour ça que ma carrière est encore devant moi, j’ai encore envie de faire pas mal de choses. Mon but, depuis le départ, est de créer des ponts culturels. La musique est un langage universel.

B/M : Vous avez chanté pour Nelson Mandela, à l’investiture de Barack Obama. Et avec de grands noms de la musique tels que Carlos Santana, Youssou N’Dour, Alicia Keys ou encore Bono de U2… Quel est votre plus grand souvenir ?

Angélique Kidjo :Il y en a tellement, comment en prendre un seul ! Chanter pour la fondation de Nelson Mandela [en 2003], c’est tout de même un souvenir à part. J’en ai encore des frissons. À cette occasion, nous avions tous ensemble visité sa cellule où il a vécu 25 ans sur Robben Island [Afrique du Sud]. J’étais choquée par sa petitesse, avec juste une fenêtre, une porte, un évier et une couverture… Rien d’autre. Je me revois encore dedans, serrée entre Zucchero, Bono, Beyoncé ou encore Annie Lennox. J’avais du mal à respirer et n’avais qu’une seule envie : hurler ! Et à ce moment, Nelson Mandela nous dit : « Bienvenue dans mon palais ! ». Tout d’un coup, tout le monde a ri et s’est détendu. Et je retiendrai toujours ses mots : « Mais si vous ne pardonnez pas à ceux qui ont fait du mal, vous n’aurez pas de vie. » Ça reste constamment présent dans mon esprit. 

B/M : Ambassadrice de l’Unicef, vous avez aussi fait campagne contre la faim au côté d’Oxfam, pour les droits des femmes en Afrique, pour l’environnement… Vous êtes sur tous les fronts ?

Angélique Kidjo : Pour moi, tout est lié. Je ne vois pas un enfant qui ne va pas à l’école différemment d’un immigré qui fuit la guerre ou des problèmes des droits des femmes. L’éducation, notamment, c’est capital. Sans éducation, nous n’arriverons à rien, il ne peut y avoir de démocratie ni de paix. C’est ce qui permet de couper l’herbe sous le pied de tous les extrêmes et leurs mensonges. Ce qui m’intéresse c’est comment, avec Unicef, Oxfam, tout le monde, on travaille ensemble, on met nos ressources en commun, pour créer un monde solidaire et libre, où on agit ensemble pour et avec les autres.

Bio express

Née en 1960 au Bénin, Angélique Kidjo est reconnue aujourd’hui comme une des plus grandes artistes internationales. Lauréate de quatre Grammy Awards, elle est l’auteure de 16 albums en plus de 30 ans de carrière. Le 11 novembre 2018, à la cérémonie du centenaire de l’Armistice, elle avait ému le monde entier en chantant Blewu a cappella devant les chefs d’États de la planète. Ambassadrice de l’Unicef depuis 2002, elle a également reçu en 2016 le prix d’Ambassadrice de conscience d’Amnesty International et le titre de Commandeure de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2019. Surnommée « La première diva africaine », elle est aussi considérée, selon The Guardian, comme l’une des 100 femmes les plus influentes au monde.