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Depuis les Rencontres de la jeunesse de 2009 qui avaient donné lieu à la maison de la réussite, la question des jeunes et de leur avenir, se renouvelle sans cesse. Aussi, la Ville organise les 2es Rencontres de la jeunesse, grand rendez-vous de démocratie participative, du 12  novembre au 17 décembre.

Après deux ans de crise sanitaire, les « rencontres d’automne » font leur retour en présentiel en 2021. Après les 1res Assises de l’enfance en 2018 ou encore les 2es Assises du sport en 2016, place aux 2es Rencontres de la jeunesse. La jeunesse, justement, a fortement souffert de ces deux années de Covid-19. « La pandémie a infligé de multiples chocs aux jeunes. Non seulement elle détruit leurs emplois et leurs perspectives d’emploi, mais elle compromet aussi leur éducation et leur formation et, au final, a de graves répercussions sur leur bien-être mental », a alerté Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail. C’est dans ce contexte, et après plusieurs épisodes de violence urbaine, que les jeunes vivant en banlieues parisiennes sont par ailleurs de plus en plus stigmatisés dans les médias et les discours politiques.

Aussi, pour la Ville de Bonneuil, il y a urgence à libérer la parole des jeunes et à s’engager avec eux pour leur avenir, pour leurs droits et pour tout le vivreensemble. «  D’après le baromètre du Secours populaire français, 34% des jeunes ont vécu des situations de pauvreté. La crise les a beaucoup fragilisés, jusque dans leurs cercles amicaux et familiaux. Elle les a isolés… Il faut répondre à tout cela », déclare Sonia Iberraken, conseillère municipale déléguée à la jeunesse.

Aussi, du 12 novembre au 17 décembre, la municipalité invite tous les jeunes, de plus de 12 ans, à se réunir, s’exprimer, partager et décider avec les élus des engagements et des actions à mener. Lors d’ateliers citoyens ainsi que de moments populaires, les jeunes seront invités à discuter des thématiques des violences et du vivre-ensemble, de l’accès à la santé, de l’emploi et de la formation, ainsi que de la citoyenneté et de la communication. « C’est avec la même détermination qu’en 2009, ainsi que lors de chaque rencontre citoyenne, que nous nous engageons aujourd’hui avec les jeunes pour lutter contre les inégalités, pour leur droit à la réussite, pour les solidarités et le vivre-ensemble », annonce le maire Denis Öztorun. « La ville ne peut pas tout, mais notre société doit beaucoup aux jeunes ».

Depuis cet été déjà, une vingtaine de jeunes, adhérents de l’espace Nelson-Mandela, se font ambassadeurs et vont à la rencontre des 12-25 ans de la ville pour connaître leurs besoins et doléances. Plus de 800 questionnaires ont ainsi été collectés et permettent dès à présent à la municipalité et tous les acteurs de préparer ces RJ21.

Retour sur la soirée de Lancement le 12 novembre 2021

Une belle première rencontre s'est tenue à l'espace Nelson-Mandela, réunissant plus d'une centaine de jeunes impliqués pour leur avenir et celui de leur ville et résolus à trouver des solutions pour répondre aux problématiques de leur génération !

Au programme des Rencontres de la jeunesse 2021

Au gré d’ateliers thématiques, du 12 novembre au 17 décembre, la municipalité invite la jeunesse bonneuilloise à venir s’exprimer afin de construire ensemble, des engagements pour aujourd’hui et demain dans le but de répondre aux besoins et aux attentes des 12-25 ans.

Comme lors de chaque rencontre d’automne, afin de permettre et favoriser le débat et la parole de toutes et tous, les Rencontres de la jeunesse 2021 se dérouleront sous forme de cinq ateliers citoyens. Des ateliers thématiques, où jeunes, élus et partenaires pourront échanger en table-ronde. Objectifs des ateliers : permettre la participation du plus grand nombre de jeunes et dégager collectivement des propositions et des actions que la municipalité transformera en engagements. Pour cela, la Ville de Bonneuil invitera également des intervenants, de grands témoins qui viendront partager avec les jeunes sur leurs expériences et accompagner les débats. Notons notamment la présence d’Adama Camara : frère d’une victime morte dans une rixe en 2011 à Garges-Lès-Gonesse, il a été condamné à 8 ans de prison pour avoir fait acte de vengeance. Il travaille aujourd’hui auprès des jeunes pour les aider à ne pas tomber dans la spirale de la violence. Interviendront également l’association Drogues et société, un entrepreneur bonneuillois, la principale du collège Paul-Éluard, ou encore des sociologues spécialisés dans les questions de jeunesse.

Parallèlement, les réseaux sociaux et le site Internet de la Ville de Bonneuil informeront progressivement de l’avancée des travaux dans les ateliers et donneront en direct la parole aux jeunes pour recueillir leurs attentes et propositions. Dans les équipements municipaux, et notamment à l’espace Nelson-Mandela , les services municipaux mettront également à disposition des citoyens et citoyennes, des boîtes à idées. Et pour les jeunes qui souhaitent s’impliquer davantage, ils peuvent d’ores et déjà rejoindre le collectif de jeunes qui anime et prépare ces RJ21. Leurs missions : aller à la rencontre des jeunes, participer à l’organisation et animer les ateliers, réaliser des comptes rendus, participer à la communication des rencontres, etc. À l’issue de ce grand temps de réflexion et de construction, la Ville donnera rendez-vous vendredi 17 décembre pour la grande soirée des engagements. Dans un cadre festif, le maire, le Conseil municipal et le collectif de jeunes présenteront le nouveau plan jeunes de la Ville pour les prochaines années, élaboré à partir de toutes les propositions

Vendredi 12 novembre / 18h-21h
Engageons-nous pour le vivre-ensemble
À l’espace Nelson-Mandela

Deux ateliers thématiques :

  • Prévenir et sécuriser : En présence d’Adama Camara, ancien condamné.
  • L’intergénération : Comment travailler le lien entre les jeunes et anciens de Bonneuil ?

Vendredi 19 novembre / 18h-21h
Engageons-nous pour la santé
À l’espace Nelson-Mandela

Deux ateliers thématiques :

  • Prévenir, accompagner, repérer : En présence de l’association Drogues et société. L’association, basée à Créteil, est spécialisée dans l’accompagnement et la prévention des addictions aux drogues.
  • Pour un espace dédié à la santé : Quel lieu ressource pour s’informer, se soigner et accéder à ses droits quand on a moins de 25 ans ? En présence de Richard Lopez, médecin généraliste.

Mercredi 24 novembre / 18h-21h
Engageons-nous pour la citoyenneté
Au centre d’art Jean-Pierre Jouffroy

Deux ateliers thématiques :

  • Mixité : La question de la mixité notamment est essentielle pour la municipalité, engagée pour les droits des femmes.
  • Aménager l’espace : Comment aménager les équipements et les espaces publics pour améliorer le quotidien des jeunes.

Vendredi 26 novembre / 18h-23h
Soirée de la réussite
Salle Gérard-Philipe

Vendredi 26 novembre, la Ville organise la traditionnelle soirée de cérémonie en l’honneur des jeunes diplômés. Dans le cadre des RJ21, elle sera divisée en deux temps. Durant la première partie, les jeunes seront invités à débattre avec leurs élus sur la question de la réussite des jeunes. Les diplômés de l’année 2020/2021 et les lauréats des bourses aux projets seront ensuite mis à l’honneur. Pour clôturer ce moment, un spectacle de stand-up sera donné sur la scène.

Mercredi 08 décembre / 18h-21h
Engageons-nous pour la formation, l’insertion et l’emploi
Espace Nelson-Mandela

Deux ateliers thématiques :

  • Quels dispositifs d’accompagnement ? Quels dispositifs et actions pour aider les jeunes à trouver un emploi ? En présence de partenaires emploi, telle que la Mission locale.
  • Du collège à l’emploi : L’orientation scolaire, la lutte contre la déscolarisation, la formation professionnelle seront au cœur de cet atelier. En présence de Christine Morales, principale du collège, ainsi que d’acteurs de l’économie et de l’emploi.

Vendredi 17 décembre / 18h30-00h
Soirée de restitution
Salle Gérard-Philipe

À l’issue des ateliers, cette soirée donnera la restitution de l’ensemble des échanges sur les thématiques abordées. La municipalité, en présence de nombreux partenaires, procèdera à la synthèse des débats desquels découleront des engagements municipaux et partenariaux. L'occasion de concrétiser les échanges, de s'engager ensemble pour l'avenir et de profiter d'un moment convivial.

Ce qu’ils et elles en disent :

Chaque voix doit être entendue

Constater, concerter, accompagner et s’engager avec la jeunesse en faveur de sa réussite, tels sont les maîtres-mots des Rencontres de la jeunesse. Sonia Iberraken, conseillère municipale déléguée à la jeunesse répond aux questions de B/M sur l’objectif de cette importante période d’échanges.

B/M  : Les 12-25 ans font l’objet d’une grande concertation, d’une attention très particulière. Pourquoi maintenant ?

Sonia Iberraken : Depuis les Rencontres de la jeunesse de 2009, notre ville a changé. Cela justifie en soi de construire de nouveaux projets avec nos jeunes. Et puis, la crise sanitaire a été très difficile pour eux. Même si ce n’était déjà pas simple avant, d’ailleurs. D’après le baromètre du Secours populaire français, 34% des jeunes ont vécu des situations de pauvreté. La crise les a beaucoup fragilisés, jusque dans leurs cercles amicaux et familiaux. Elle a sorti des jeunes de l’emploi ou des études, elle les a isolés… Il faut répondre à tout cela.

B/M : Quel est l’objectif de la municipalité ?

Sonia Iberraken : Nous voulons construire la politique municipale en direction de la jeunesse avec les principaux intéressés : les jeunes eux-mêmes ! Chaque voix doit être entendue. Nous nous sommes tous mis autour de la table ! Élus, agents, partenaires, témoins, jeunes Bonneuillois. Ces rencontres doivent être celles de tous les jeunes… Et de toutes les jeunes !

B/M : La municipalité pourra-t-elle répondre aux attentes, certainement nombreuses des jeunes Bonneuillois ?

Sonia Iberraken : La Ville seule ne répondra pas à toutes les attentes ! Il faut l’assumer, vu l’étouffement budgétaire des communes. Mais nous ferons notre part. Nous avons fait beaucoup et nous pouvons encore faire beaucoup. Nous renforcerons le travail avec nos partenaires sur l’emploi, l’accompagnement... Mais pour ça, il faut l’implication des jeunes. C’est le sens de ces Rencontres : se demander collectivement « que faire pour rendre notre ville meilleure ? ». Cela passe aussi par l’engagement. En plus de construire des projets à l’échelle de la ville, j’espère que ces Rencontres aideront les jeunes à mettre des mots sur leurs besoins et leurs envies, à les exprimer et à se mobiliser. Ce serait une grande réussite démocratique et signifierait qu’ils sont auteurs de leur projet de vie.

B/M : Du 12 novembre au 17 décembre, des temps forts sont programmés avec des ateliers thématiques dans lesquels les jeunes Bonneuillois sont invités à prendre toute leur place. Quel sera le devenir de tous ces échanges, demandes, suggestions, idées ?

Sonia Iberraken : Je sais déjà que nos Rencontres seront riches, vu les premiers échanges avec les jeunes qui y sont associés depuis le mois de mars. Après les Rencontres, nous continuerons à nous réunir avec tous les services de la ville, nos partenaires et les jeunes, pour tirer un bilan et des propositions qu’il faudra travailler, ajuster… Le 17 décembre, nous présenterons ces engagements, que nous réaliserons tout au long du mandat.

« Il n’y a pas une mais des jeunesses »

Les sociologues, Florian Asséré et Samuel Fély, sont allés à la rencontre des jeunes Bonnneuillois pour cerner leurs modes de vie et leurs besoins.

Pour une étude sur la jeunesse bonneuilloise, le maire est entré en contact avec l’Université Paris-8 (Vincennes-Saint-Denis) et son laboratoire ESCOL (Éducation et scolarisation) qui regroupe des enseignants et des chercheurs parmi lesquels, des sociologues. C’est à Florian Asséré et Samuel Fély, tous les deux spécialisés dans les inégalités sociales, l’un chez les jeunes adultes, l’autre chez les enfants que le maire a confié un travail de recherche sur les 11-25 ans mettant en avant les thèmes de l’éducation, de l’emploi, de la santé et de l’accès aux droits.

«  Nous avons procédé selon deux méthodes qualitative et quantitative, de mars à mi-juillet 2021, commente Florian Asséré. Nous avons arpenté les rues de Bonneuil. 308 jeunes ont répondu à notre questionnaire. Nous avons ensuite réalisé 60 entretiens individuels et parfois en groupes, touchant 80 jeunes». « Nous avions des questions autour des quatre axes de la commande de la municipalité, précise Samuel Fély. Nous avons laissé la parole s’installer et approfondi les questions quand un sujet revenait souvent ».

Les deux sociologues reconnaissent avoir reçu un accueil favorable de la part des jeunes Bonneuillois. « Il se sont montrés disponibles, un bon rapport s’est créé ». À la question standard « quel est le profil de la jeunesse bonneuilloise ? », la réponse est nette : « Il n’y a pas une mais des jeunesses. Les situations sont différentes, qu’ils soient mineurs ou majeurs, selon leurs origines sociales même s’il y a là une relative homogénéité, commente Florian Asséré. Nous avons vu des jeunes qui ont envie de se réaliser. Ils ont une envie d’étudier, de trouver un emploi, de s’insérer. »« Ils ne veulent pas être stigmatisés, poursuit Samuel Fély. La médiatisation souvent négative des jeunes de banlieue produit chez eux un sentiment de rejet. » Les résultats de cette étude - qui seront livrés en ce début novembre - seront utilisés au cœur des Rencontres de la jeunesse 2021. La municipalité les exploitera pour construire sa politique d’action, avec les jeunes, pour les dix années à venir.